
En avant vers le pouvoir ouvrier et le socialisme
Pour empêcher de nouveaux massacres, nous avons besoin d’une direction révolutionnaire centrale.
Camarades militants et fiers travailleurs de tout l’Iran,
Au cours des dernières semaines, les mercenaires du gouvernement capitaliste, en réprimant brutalement et en tuant et blessant plus de 50 000 de nos frères et sœurs lors des manifestations de rue du 8 au 10 janvier 2026, ont pu forcer le peuple à battre en retraite. Mais ce recul n’est que temporaire. Nous savons tous que la justice est de notre côté : du côté des travailleurs, des ouvriers, des jeunes et des femmes militantes, et des nationalités opprimées. Car aucune des revendications de ces couches sociales n’a été satisfaite, et la nécessité d’obtenir satisfaction est toujours aussi forte.
Le silence actuel est comme la pause entre deux rounds d’un match ; la différence est que cette fois-ci, la pause sera beaucoup plus courte que par le passé. Ceux qui dansent sur les tombes de leurs proches se préparent maintenant à danser sur les tombes de leurs meurtriers.[1] C’est pourquoi nous devons autant que possible nous saisir de cette brève opportunité pour nous organiser et nous préparer nous-mêmes à gouverner.
En d’autres termes, si nous ne tirons pas les leçons de l’expérience de janvier lors du prochain combat, il est certain que la répression se répètera, encore plus brutale, car ils se battent pour leur survie. Cette guerre est aussi notre guerre, et nous devons y mettre fin nous-mêmes. Nous ne devons pas nous faire d’illusions sur les gouvernements étrangers. Les promesses contradictoires de Trump montrent qu’il utilise cette tactique pour obtenir un avantage maximal, et quel que soit celui qui fera ces concessions – même si c’est Khamenei lui-même – Trump n’aura aucun mal à conclure un accord avec lui. Il ne pense pas à nous, les travailleurs, et il ne se soucie que des intérêts du capital. Il suffit de lire les nouvelles américaines d’aujourd’hui pour s’en rendre compte : il n’a même pas pitié des travailleurs américains. À ce jour, au moins deux personnes ont été tuées dans l’un des États américains par les milices fascistes de Trump, et des milliers de travailleurs immigrés, titulaires de visas légaux valides, attendent dans des camps épouvantables d’être expulsés du sol américain.
Trump évitera autant que possible toute intervention militaire directe. Mais même si ses fanfaronnades ne sont pas fructueuses et qu’il procède à une attaque limitée – similaire à la guerre des 12 jours – cela n’aura toujours rien à voir avec les travailleurs et la majorité des 90 % de la population active iranienne. Face à un tel scénario, le capitalisme mondial a certainement envisagé une alternative appropriée pour maintenir l’ordre capitaliste et continuer à exploiter les travailleurs. Ils ne lâcheront pas les rênes de ce pays. Ils sont conscients du potentiel que nous représentons, nous les travailleurs, et savent que l’Iran est connu parmi les travailleurs conscients du monde entier comme la capitale des grèves ouvrières. Ils sont donc tout à fait d’accord pour nous réprimer. Leur guerre n’est donc rien d’autre qu’une guerre entre différents gangs de voleurs.
Notre tâche aujourd’hui est de trouver nos véritables alliés parmi les jeunes courageux des universités, les femmes, les nationalités opprimées et toutes les couches souffrantes de la société. Nous devons construire le camp révolutionnaire contre la contre-révolution mondiale et nationale.
Nous ne pensons pas que les États-Unis entreront en guerre ouverte contre l’Iran ; ils ne veulent pas d’un conflit destructeur et n’ont pas de remplaçant fiable au gouvernement actuel. Les capitalistes s’inquiètent de ce qu’ils appellent le « chaos », c’est-à-dire la prise du pouvoir par les classes opprimées. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils excluent l’idée de frappes militaires limitées et ciblées, visant à éliminer le principal obstacle de la crise actuelle, Khamenei et certains dirigeants du Pasdaran, puis à faire des concessions à certains courants politiques afin de provoquer un changement de régime. Quoi qu’il arrive, ce bellicisme n’a rien à voir avec nous, les travailleurs. Que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix, la classe capitaliste iranienne et ses alliés occidentaux se moquent de nos vies. Notre valeur réside uniquement dans la valeur que notre travail leur rapporte. Si nous le pouvons, nous devons transformer leur guerre en une guerre entre les travailleurs et les capitalistes.
Mais revenons à la question principale.
Dans tous les soulèvements de la dernière décennie – de novembre 2017 et janvier 2019 au mouvement Jina de 2022 et au récent soulèvement de janvier 2026 –, nous avons été confrontés à un problème fondamental : l’absence d’un camp révolutionnaire cohérent et d’une direction de la classe ouvrière.
Nous insistons sur le terme « direction ouvrière » car les autres types de direction ont fait leurs preuves.
L’appel lancé par l’ingénieur Moussavi en 2009 a pu rassembler des millions de personnes dans les rues. L’ampleur de ce soulèvement était telle que Khamenei a admis plus tard dans un de ses discours que le système de la République islamique avait été poussé au bord de l’effondrement. Mais les dirigeants de ce mouvement, inquiets de l’effondrement du système capitaliste, ont fait des compromis, appelant les manifestants à se calmer et les renvoyant chez eux. À la suite de cette défaite, des milliers de jeunes ont été arrêtés, expulsés, torturés et réprimés ; et Moussavi n’est pas exempt de tout reproche dans ce processus.
Après cela, nous avons connu plusieurs autres soulèvements, qui ont tous échoué en raison de l’absence d’une direction cohérente et préparée. Le prix de ces échecs a été la vie de milliers de jeunes, alors que nous n’avons encore fait aucun pas sérieux sur la voie de nous organiser. D’autre part, l’ennemi a tiré les leçons de toutes ces expériences et réprime aujourd’hui les soulèvements avec une plus grande préparation.
Le recul imposé actuellement est l’occasion de se préparer pour la prochaine bataille, la bataille finale pour conquérir nous-mêmes le pouvoir politique, nous les travailleurs et les ouvriers. Si certains, il y a encore deux semaines, pensaient encore que les capitalistes pouvaient être considérés comme distincts de l’État, il ne fait désormais plus de doute qu’aucun gouvernement, à l’exception du nôtre, ne sera en mesure de résoudre les problèmes des ouvriers.
Un tel gouvernement n’a pas besoin du régime actuel, ni des gouvernements impérialistes des États-Unis, d’Israël et d’Europe. Le système capitaliste en Iran, tant sous le règne du Shah que pendant la période actuelle, a montré qu’il n’avait ni la capacité ni la volonté de résoudre nos problèmes. Nos conditions de vie se sont détériorées, et non améliorées, au cours des 150 dernières années.
Comme nous l’avons dit à maintes reprises, la principale raison de nos défaites successives au cours des 47 dernières années a été le manque d’organisation. Nous ne croyions pas en notre propre force et nous ne savions pas que cette force ne peut se manifester que dans l’organisation. Aujourd’hui, après cette expérience amère, l’organisation doit devenir le centre d’attention de tous les travailleurs conscients.
Nous, les travailleurs, devons réfléchir à la création de notre propre centre de commandement. La mise en place d’un tel centre nécessite des préparatifs qui permettront à la fois d’assurer la sécurité des travailleurs d’avant-garde et de faire avancer le travail. Ces préparatifs consistent à former des cellules clandestines de travailleurs : de petites cellules de trois ou quatre personnes, composées de travailleurs conscients, anticapitalistes, courageux et altruistes.
Ces cellules doivent être clandestines afin de ne pas être détectées par les réseaux d’espionnage de l’État capitaliste, tout en opérant parmi les travailleurs et en organisant secrètement des manifestations et des grèves. Une communication limitée et en réseau entre les membres empêchera que chacun des coups reçus se propage à l’ensemble du complexe organisationnel.
Nous avons besoin de centaines et de milliers de cellules de ce type. La coordination et la communication générale entre ces cellules formeront notre centre de commandement de combat. C’est la première étape sur la voie de l’organisation et d’une préparation complète pour la période à venir.
Soyons victorieux.
- Construisons les cellules clandestines d’avant-garde socialiste des travailleurs !
- Unissons les travailleurs d’avant-garde sur la base du programme d’action des travailleurs !
- Construisons l’action générale unifiée des travailleurs et formons le centre de commandement de la direction ouvrière !
- Établissons un gouvernement ouvrier et une société socialiste libre !
Bulletin ouvrier de la cellule socialiste des travailleurs d’avant-garde du Khuzestan
Travailleurs d’avant-garde N° 97
1er février 2026
[1] La plupart de victimes de la répression étaient des jeunes, à peine 16 ou 17 ans. Cela explique le caractère vivant, révolté et non silencieux des cortèges des leurs camarades lors des funérailles.

